La déclaration LMNP est la démarche par laquelle un particulier déclare à l’administration fiscale les loyers tirés de la location d’un logement meublé, sous le statut de loueur en meublé non professionnel (LMNP). Elle se joue en deux temps : une immatriculation au démarrage de l’activité de loueur, puis une déclaration de revenus chaque année, au printemps.
Ces loyers relèvent des bénéfices industriels et commerciaux (BIC), les revenus d’une activité commerciale, et non des revenus fonciers réservés à la location vide.
Deux régimes coexistent, le micro-BIC et le régime réel simplifié, et le choix entre les deux pèse directement sur votre impôt. Un exemple chiffré vous accompagnera de bout en bout. Claire loue un gîte de 45 m² à Dinan. En 2026, il lui rapporte 9 200 € de loyers, et son meublé n’est pas classé meublé de tourisme. À la fin de cet article, vous saurez précisément quoi remplir, où, quand et sous quel régime.
Sommaire
Qu’est-ce que la déclaration LMNP ?
La déclaration LMNP désigne les formalités fiscales liées à une activité de location meublée exercée à titre non professionnel. Elle concerne les revenus des locations meublées non professionnelles (LMNP), qu’il s’agisse d’un gîte loué à la semaine ou d’un appartement meublé loué à l’année.
Vous louez un logement équipé, donc vous exercez une activité commerciale aux yeux de l’administration. Ces sommes se déclarent en bénéfices industriels et commerciaux (BIC), pas en revenus fonciers.
En clair : même sans société ni comptable, vous avez une petite activité à déclarer.
Pourquoi la déclaration LMNP compte vraiment
Parce que le montant de votre impôt dépend du régime choisi. Le micro-BIC applique un abattement, une réduction automatique calculée sur vos loyers. Le régime réel autorise la déduction des charges réellement payées.
L’écart est net au titre des revenus 2026 : 30 % d’abattement pour un meublé de tourisme non classé, 50 % s’il est classé.
Concrètement, pour Claire : 30 % de 9 200 € font 2 760 € d’abattement, donc 6 440 € imposables. Avec un gîte classé, la base tomberait à 4 600 €.
Les prérequis avant de commencer
Avant la première étape, réunissez ces éléments :
- Votre numéro fiscal et l’accès à votre espace sur le site des impôts
- L’adresse exacte et la surface du logement loué
- La date du premier jour de mise en location
- Le total des loyers encaissés sur l’année, charges et taxes comprises
- Les justificatifs de vos dépenses, si vous envisagez le régime réel
- Le classement éventuel de votre meublé de tourisme
Sans la date de début d’activité, l’étape 1 est impossible.

Étape 1 : déclarer votre début d’activité et obtenir votre numéro SIRET
Toute personne qui démarre une activité de loueur en meublé doit la déclarer, en s’inscrivant au répertoire Sirène de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee).
La démarche se fait en ligne, sur le Guichet des formalités des entreprises. Elle est gratuite et doit être effectuée dans les 15 jours qui suivent le premier jour de location.
Vous obtenez un numéro SIRET, l’identifiant à quatorze chiffres de votre activité. Vous le reporterez sur votre déclaration annuelle de revenus. Vous y indiquez aussi votre régime d’imposition.
Comptez trente minutes. Claire a loué pour la première fois le 3 avril, elle avait jusqu’au 18 avril.
Point de vigilance : sans numéro SIRET, impossible de remplir votre déclaration au printemps. Si le délai de 15 jours est dépassé, faites la démarche sans attendre.
Étape 2 : vérifier que vous êtes bien loueur non professionnel
Cette vérification conditionne le reste. Vous relevez du statut de location meublée non professionnelle (LMNP) si au moins une des deux conditions suivantes est remplie :
- Les recettes annuelles de cette activité, pour tous les membres de votre foyer fiscal, sont inférieures à 23 000 €
- Ces recettes sont inférieures au total des autres revenus d’activité du foyer fiscal, salaires compris
Claire encaisse 9 200 €, largement sous le seuil : elle est loueuse non professionnelle.
Ce statut a deux conséquences. Un déficit, c’est-à-dire un excédent de charges sur les loyers, se reporte pendant 10 ans sur vos revenus de location meublée. À la revente, vous conservez le régime des plus-values immobilières des particuliers.
Point de vigilance : au-delà de 23 000 € de recettes en location de courte durée, des cotisations sociales sont dues. Vérifiez ce seuil chaque année.
Étape 3 : choisir votre régime fiscal
Deux régimes existent pour les loueurs en meublé non professionnels. Le micro-BIC, appliqué par défaut, remplace vos charges par un abattement forfaitaire. Le régime réel simplifié déduit vos charges et amortissements réels.
Au titre des revenus 2026, le micro-BIC s’applique dans ces limites :
- Meublé de tourisme non classé : jusqu’à 15 000 € de recettes, abattement de 30 %
- Meublé de tourisme classé ou chambre d’hôtes : jusqu’à 83 600 €, abattement de 50 %
- Location meublée de longue durée : jusqu’à 83 600 €, abattement de 50 %
Au-delà de ces plafonds, le régime réel s’applique automatiquement.
Pour être imposé au réel sur vos revenus 2026, l’option devait être levée avant la date limite de dépôt de la déclaration des revenus 2025, au printemps 2026. Elle se reconduit ensuite tacitement.
Point de vigilance : si vous avez laissé passer cette date, vous restez au micro-BIC pour 2026. La prochaine fenêtre concernera les revenus 2027.
Notre simulateur micro-BIC et réel vous donne l’écart d’impôt en trois minutes.
Étape 4 : calculer le montant à déclarer
Au micro-BIC, aucun calcul de charges. Vous déclarez le montant brut encaissé, l’administration applique l’abattement. En dessous de 305 € de recettes annuelles, aucun impôt n’est dû.
Au régime réel, vous déduisez les dépenses supportées dans l’intérêt de votre activité, à condition de les justifier. Vous déduisez notamment l’amortissement du prix d’achat du logement et des meubles, c’est-à-dire l’étalement comptable de cette valeur sur plusieurs années.
Exemple appliqué au gîte de Claire. Ses 9 200 € de loyers face à 7 400 € de charges et amortissements donnent 1 800 € imposables, contre 6 440 € au micro-BIC.
Point de vigilance : au réel, tenez vos justificatifs à jour toute l’année. Un amortissement mal calculé fragilise votre activité LMNP en cas de contrôle.
Étape 5 : remplir votre déclaration LMNP annuelle
C’est l’aboutissement du déroulé. La déclaration se fait avec votre déclaration de revenus habituelle, en ligne de préférence.
Au micro-BIC, vous indiquez le montant brut de vos recettes et votre numéro SIRET sur le formulaire 2042 C PRO, la déclaration complémentaire des revenus des professions non salariées.
Au régime réel, vous remplissez le formulaire n° 2031-SD, puis reportez le résultat sur le 2042 C PRO, avec votre numéro SIRET.
Les dates limites sont celles de la déclaration de revenus, échelonnées au printemps selon les départements. Les revenus perçus en 2026 seront à déclarer en avril 2027.
Point de vigilance : oublier de reporter le numéro SIRET est l’erreur la plus courante. Elle déclenche une demande du service des impôts et retarde votre dossier.

Le résultat obtenu et la suite
Vous êtes immatriculé, votre régime est choisi, vos loyers sont déclarés. Votre bénéfice s’ajoute à vos autres revenus, imposé au barème progressif de l’impôt sur le revenu.
Deux points à surveiller. La cotisation foncière des entreprises (CFE) peut être due selon le lieu du bien et son usage personnel : renseignez-vous auprès du service des impôts des entreprises (SIE) dont dépend le logement. Chaque année, le même déroulé recommence, hors immatriculation.
Les règles fiscales évoluent et chaque situation a ses particularités : l’avis d’un expert comptable reste utile dès que votre projet se complexifie.
Questions fréquentes
Comment faire sa déclaration LMNP quand on n’a jamais rien déclaré ?
Commencez par déclarer votre activité sur le Guichet des formalités des entreprises pour obtenir un numéro SIRET. Reportez ensuite vos loyers sur le formulaire 2042 C PRO, joint à votre déclaration de revenus. Ces deux démarches suffisent au micro-BIC.
Quelle est la différence entre revenus fonciers et déclaration LMNP ?
Les revenus fonciers concernent la location d’un logement vide. La location meublée relève des bénéfices industriels et commerciaux (BIC). Les formulaires, les abattements et les charges déductibles sont différents dans les deux cas.
Pourquoi mon gîte non classé est-il moins avantageux au micro-BIC ?
Au titre des revenus 2026, un meublé de tourisme non classé ouvre droit à un abattement de 30 % dans la limite de 15 000 € de recettes. Un meublé classé bénéficie de 50 % jusqu’à 83 600 €. Le classement change directement votre base imposable.
Faut-il déclarer si aucun loyer n’a été encaissé ?
Oui, dès lors que votre activité est immatriculée : une déclaration à zéro reste une déclaration. Au régime réel, une année sans recette permet même de constater un déficit, reportable pendant 10 ans sur vos futurs revenus de location meublée.
Ce qu’il vous reste à faire
Vous avez le déroulé complet : immatriculation dans les 15 jours, vérification du seuil de 23 000 €, choix du régime, calcul du résultat, dépôt du 2042 C PRO. Trois chiffres pour 2026 : 15 000 € et 30 % pour un meublé non classé, 83 600 € et 50 % s’il est classé.
Le vrai levier est à l’étape 3 : comparez le micro-BIC et le régime réel simplifié sur vos chiffres réels. Testez votre gîte avec le simulateur gratuit de Je Gère Mon Gîte, puis créez votre espace pour piloter loyers, charges et échéances en toute sérénité.
Sources
- Impôt sur le revenu, revenus d’une location meublée
- Guichet des formalités des entreprises
- Quelle est la date limite pour faire sa déclaration de revenus ?
- Cotisation foncière des entreprises (CFE)
- Code général des impôts, article 50-0
- Loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024
- Brochure pratique 2026 de l’impôt sur le revenu